À Hasami, dans la préfecture de Nagasaki, une tasse yunomi donne souvent sa première impression par sa légèreté. Chez FETC, nous aimons cette sensation discrète : une paroi fine, un émail lisse sur les lèvres, un blanc net sans froideur. La porcelaine de Hasami ne cherche pas l’effet spectaculaire. Elle rend le geste quotidien plus précis, plus calme, plus agréable.
Hasami est une petite ville d’environ quinze mille habitants. À son apogée, près de 70 % de la population travaillait dans la céramique. Aujourd’hui, cette proportion a diminué, mais Hasami reste l’un des grands centres japonais de vaisselle en porcelaine pour l’usage quotidien, y compris les tasses et kyūsu pour le thé.
Les caractéristiques de la porcelaine de Hasami : fine, légère et faite pour le quotidien
Hasami est une tradition de porcelaine fonctionnelle. Là où Arita et Kutani sont souvent associées aux décors raffinés, aux motifs peints et aux pièces de collection, Hasami a suivi une autre voie : des parois fines, des lignes sobres, une attention constante au toucher et à l’usage.
Une tasse yunomi de Hasami peut avoir une paroi de seulement 2 à 3 mm. Cette finesse ne signifie pas fragilité. Elle vient de la composition de l’argile, du travail de façonnage et d’une cuisson très maîtrisée. Le corps est dense, l’émail est serré, la forme reste stable. Beaucoup de pièces modernes de Hasami passent au lave-vaisselle, ce qui les distingue de certaines porcelaines peintes plus délicates.
| Caractéristique | Détail | Accord avec le thé |
|---|---|---|
| Matière | Porcelaine blanche (磁器), kaolin et pierre d’Amakusa | Thés verts, Sencha, Gyokuro |
| Surface | Émail fin, lisse et non poreux | Thés délicats dont les arômes doivent rester nets |
| Épaisseur | Parmi les plus fines de la porcelaine japonaise, environ 2 à 3 mm | Thés verts à infusions courtes |
| Origine | Ville de Hasami, préfecture de Nagasaki | — |
La comparaison avec Arita aide à comprendre cette identité. Les deux régions partagent des racines géologiques proches, mais leurs usages se sont séparés. Arita est devenue une porcelaine de prestige, liée aux exportations historiques et aux décors très recherchés. Hasami est restée la porcelaine du quotidien : produite avec soin, accessible, pensée pour fonctionner dans une cuisine ou sur une table de thé.
L’histoire de la porcelaine de Hasami
L’histoire de Hasami suit celle de la porcelaine de Kyushu depuis le XVIIe siècle. Après la découverte d’un gisement de kaolin dans la région d’Arita en 1616, les fours se sont développés dans les environs, dont Hasami. Pendant une grande partie de l’époque d’Edo, les pièces de Hasami ont vécu dans l’ombre du nom Arita. Certaines étaient même expédiées par le port d’Imari et vendues sous cette identité plus connue.
Après 1945, l’industrie céramique japonaise s’est réorganisée. Hasami a développé un système de fours coopératifs, appelé kyōdō-gama, qui permettait à plusieurs petits ateliers de partager les infrastructures de cuisson. Cette organisation a rendu possible une porcelaine de bonne qualité à un prix réellement utilisable au quotidien.
Un autre tournant arrive dans les années 1990 et 2000. Des designers et des marques japonaises commencent à travailler directement avec les fours de Hasami. Ils conservent la finesse traditionnelle, tout en lui donnant des formes plus contemporaines. Des collaborations avec Moomin, des projets de marques comme Kinto, ainsi que les séries H et ON THE TABLE du Craft Store de Hasami, ont fait connaître cette esthétique claire, simple et silencieusement belle.
Terre et cuisson : pierre d’Amakusa et cuisson oxydante à 1 300 °C
Hasami et Arita puisent dans une même grande région géologique, mais Hasami a développé ses propres mélanges d’argile. L’ingrédient clé est la pierre d’Amakusa, ou amakusa-toseki (天草陶石), une roche riche en feldspath provenant de l’île d’Amakusa, dans la préfecture de Kumamoto. Broyée puis mélangée à l’argile, elle donne un corps très blanc et très dense après cuisson.
La cuisson se fait autour de 1 300 °C, dans une atmosphère oxydante. À cette température, le corps se vitrifie : il devient presque semblable à du verre, tout en gardant assez de souplesse au façonnage pour permettre des parois très fines. Une pièce bien cuite sonne clair lorsque vous la tapotez doucement, signe d’une vitrification complète.
Cette surface non poreuse convient particulièrement aux thés verts japonais. La tasse ne retient ni huiles, ni odeurs, ni souvenirs d’infusions précédentes. Un Sencha ou un Gyokuro garde ainsi sa netteté : douceur, umami, légère astringence et parfum végétal restent ceux du thé, sans intervention du récipient.
Choisir un kyūsu ou une tasse de Hasami
Pour choisir un kyūsu de Hasami, les critères pratiques sont simples. Le couvercle doit être ajusté, sans trembler, mais se soulever facilement. Le bec doit verser proprement, sans goutte persistante. Vous pouvez passer le doigt sur son extrémité pour sentir si la coupe est nette. Si le kyūsu possède un filtre intégré, les trous doivent être réguliers.
Pour une tasse yunomi, regardez le pied. Il doit reposer à plat sur la table. Une base irrégulière peut indiquer un façonnage moins précis. Prenez aussi la pièce en main : la porcelaine de Hasami doit paraître légère, mais pas nerveuse. Une bonne tasse donne une impression de stabilité calme.
La plupart des porcelaines modernes de Hasami acceptent le lave-vaisselle. L’émail est dense et le corps résistant. Les pièces ornées d’or, d’émail coloré fragile ou de décor particulier doivent toutefois être lavées à la main. Même avec une porcelaine solide, les bords fins peuvent s’ébrécher si les tasses s’entrechoquent. Pour les empiler, nous recommandons un tissu fin ou un petit séparateur en liège.
La porcelaine de Hasami ne demande ni culottage, ni trempage, ni protocole de séchage spécial. Rincez à l’eau chaude avant la première utilisation, puis vous pouvez infuser. Pour comparer les formes de théières japonaises, yokote, ushiro-de et ue-de, consultez notre guide du kyūsu.
Questions fréquentes (FAQ)
Hasami et Arita sont-elles la même porcelaine ?
Non. Hasami et Arita viennent de régions voisines de Kyushu et partagent une histoire liée à la porcelaine du XVIIe siècle, mais leurs identités actuelles sont différentes. Arita est associée aux pièces décoratives et aux styles bien définis, comme Kakiemon, Nabeshima ou Old Imari. Hasami est connue pour une porcelaine fonctionnelle, fine, sobre et généralement plus accessible.
Pourquoi la porcelaine de Hasami est-elle si fine ?
Cette finesse vient de la pierre d’Amakusa, qui permet d’obtenir un corps très dense, et du savoir-faire accumulé dans les fours de Hasami. Une argile dense supporte mieux les parois fines pendant la cuisson. Le façonnage demande un contrôle précis de l’humidité, de l’épaisseur et de la température. Ce n’est pas un hasard : la finesse est un choix esthétique et technique.
La porcelaine de Hasami passe-t-elle au lave-vaisselle ?
La plupart des pièces modernes de Hasami, surtout les yunomi et kyūsu destinés à l’usage quotidien, passent au lave-vaisselle. Les exceptions concernent les pièces avec or, émail décoratif fragile ou indications particulières du fabricant. En cas de doute, vérifiez la fiche produit ou demandez conseil au vendeur.
Pour comparer Hasami avec d’autres traditions japonaises, vous pouvez lire notre guide des matériaux pour les ustensiles de thé japonais.
Nous proposons une sélection de porcelaines de Hasami, dont des yunomi et kyūsu adaptés aux thés verts du quotidien.
